Le graffiti : le plus grand courant artistique au monde

“On fait du graff pas du street-art”

C’est en se rendant à l’inauguration d’une fresque, organisée par l’association Le M.U.R 93, en plein coeur de Saint-Denis (93), rue Pierre Dupont face à la halle du marché, qu’on a décidé de ne plus employer le mot street-art à tout va. Et oui, comme pour tout, le bon usage des mots fait sens, tout simplement.

On a rencontré Swen, véritable figure et pionnier du graffiti en France. Ne lui parlez pas de street-art pour parler de son mouvement -le graff- il vous remettra vite en place. « Si tu traduis street-art, c’est l’art de la rue, c’est très vaste. Pleins de gens se sont engouffrés dedans. Tu peux faire du tricot pour un arbre et te dire street-artiste. Ça n’a pas de sens. Le street-art c’est une tentative de récupération de notre mouvement, le graffiti. C’est purement commercial. Il ne faut pas tout mélanger. Nous, nous avons notre histoire, notre passion, notre art et ça s’appelle le graff ». Du coup, on a voulu en savoir plus sur son histoire.

© Dark Vador – 93 MC Sur le mur de l’association M.U.R 93 à Saint-Denis

Aux origines du graffiti en France, il y a le 93 MC ( ndlr : pour Mafia Crew ). Un groupe originaire de Saint-Denis crée au début des années 80. Un crew de graffeurs qui fusionne avec le groupe de rap NTM. « On a été les premiers, en 1987, à revendiquer le territoire de la Seine-Saint-Denis, avec notre 93 MC ». Swen incarne un certain militantisme lorsqu’il parle de son histoire, leur histoire : l’histoire du graffiti. Il est passionné et ça se voit. « On a commencé par le graffiti vandale. On partait de la cité, on avait pas forcément d’argent pour acheter des bombes – à l’époque une bombe coûtait 120 francs, c’était énorme pour nous. On volait et on allait graffer sur les murs. Et heureusement qu’on avait le graff, même si c’était illicite, ça nous a éviter beaucoup de drames ».  Lorsqu’il parle des débuts Swen rappelle à quel point avoir une passion peut vous permettre de vous échapper. Être investit dans quelque chose, n’importe quoi, vous offre un échappatoire qui n’a pas de prix et vous évite de vous retrouver à des endroits où vous n’auriez pas dû être. « Je me souviens d’un jour où des potes m’avaient demandé de les accompagner quelque part, j’ai préféré aller graffer, comme souvent. Le soir j’apprenais qu’un de mes potes avait été arrêté pour vol et mis en prison. Ça aurait pu être moi ! ». 

Work In Progress – ©

Des histoires comme celle-ci il en a. Mais il n’y a pas que ça. Ce que Swen nous relève en racontant ces tristes anecdotes, c’est toute la richesse et la grandeur de cet art et de ce mouvement qui au fil des années à su grandir et toucher tout le monde. « Le graffiti c’est le plus grand courant artistique actuel. Tu vas en Mongolie tu vas trouver des graffeurs. Ce qu’on a fait c’est transformer un délit en art et c’est important de le rappeler ». 

Une fois que vous avez tout ça, l’historique, les anecdotes, que vous avez compris à quel point le graff était incarné, encré sur nos murs et dans notre histoire, vous comprendrez alors pourquoi il est important de parler de graffiti précisément, quand il en est question, et non de street-art.

Le côté obscur de la force – 93 MC – ©

 

Le Graff est un Art – ©

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